Dernière mise à jour : 10 octobre 2026La rédaction, Rédaction
Google Sheets

Un tableur sert à ranger des chiffres dans des cellules et à laisser des formules faire les calculs, mais celui qui ouvre pour la première fois Google Sheets se retrouve devant une grille vide et des centaines de fonctions aux noms parfois traduits, parfois non. Entre la syntaxe française, les séparateurs et les premières formules à retenir, le départ est moins évident qu’il n’y paraît. Nous passons en revue la création du fichier, les fonctions de base, le partage et le travail hors connexion.
Google Sheets est le tableur en ligne de l’éditeur de Docs : on y range des données en lignes et en colonnes, on y écrit des formules et on y construit des graphiques depuis un navigateur. L’aide officielle précise qu’un compte Google gratuit est nécessaire pour l’utiliser, sans frais supplémentaires. Si vous possédez déjà une adresse Gmail, vous avez ce compte ; la page comment connecter Gmail sur smartphone et PC détaille la connexion.
Pour créer un premier fichier, il suffit de se rendre sur sheets.google.com, de cliquer sur « Nouveau » : la nouvelle feuille de calcul s’ouvre. Chaque case s’appelle une cellule et se repère par sa colonne et sa ligne : A1 désigne la première cellule en haut à gauche. Une suite de cellules contiguës forme une plage, notée par exemple B2:B6.
Une formule se saisit dans une cellule : on tape le signe égal (=), puis le nom de la fonction. Pendant la frappe, des suggestions de formules peuvent apparaître, activables ou désactivables dans le menu Outils. Les fonctions s’imbriquent : dans `=ABS(SOMME(A1:A7))`, la somme est calculée d’abord, puis la valeur absolue.
Les opérations simples s’écrivent avec les signes habituels : + pour l’addition, - pour la soustraction, pour la multiplication, / pour la division et ^ pour la puissance. Mieux vaut citer des cellules (`=A2B2`) que recopier des nombres : le résultat se recalcule seul dès qu’une valeur change.
Reste le séparateur entre les arguments d’une fonction. Les pages d’aide en français présentent plusieurs syntaxes avec le point-virgule, comme `RECHERCHEV(clé_recherche; plage; index; est_trié)`, et d’autres avec la virgule, comme `SI(expression_logique, valeur_si_vrai, valeur_si_faux)`. Les paramètres régionaux de la feuille (Fichier, puis Paramètres, menu « Paramètres régionaux ») influent sur la mise en forme par défaut des nombres, des dates et des valeurs monétaires. Si une formule est refusée, le séparateur est le premier point à contrôler. Les exemples de cet article utilisent le point-virgule, que les leçons de formation en français emploient pour séparer les arguments.
Les fonctions se rangent par usage : additionner, compter, tester une condition, chercher une valeur. Le tableau ci-dessous reprend les descriptions de la liste officielle et les associe à un exemple de formule.
| Fonction | Ce qu’elle fait | Exemple de formule |
|---|---|---|
| SOMME | Affiche la somme d’une série de nombres et/ou de cellules | `=SOMME(B2:B6)` |
| MOYENNE | Affiche la valeur numérique moyenne d’un ensemble de données | `=MOYENNE(B2:B6)` |
| SI | Affiche une valeur si l’expression logique est vraie, une autre si elle est fausse | `=SI(B2>10; "Élevé"; "Normal")` |
| NB.SI | Effectue un calcul conditionnel dans une plage | `=NB.SI(B2:B6; ">10")` |
| SOMME.SI | Affiche une somme conditionnelle au sein d’une plage | `=SOMME.SI(C2:C6; "Courses"; B2:B6)` |
| RECHERCHEV | Recherche verticale d’une clé dans la première colonne d’une plage | `=RECHERCHEV("Pain"; A2:B6; 2; FAUX)` |
| RECHERCHEX | Renvoie les valeurs d’une plage de résultats selon la position d’une correspondance | `=RECHERCHEX("Pain"; A2:A6; B2:B6)` |
SI ajoute une décision au calcul, et NB.SI compte les cellules qui remplissent un critère : pour un texte, le critère s’écrit entre guillemets et accepte les jokers ? (un caractère) et * (plusieurs caractères) ; pour un nombre, il peut contenir un opérateur (=, >, >=, <, <=).
Prenons un petit suivi de dépenses sur une semaine. La colonne A contient le libellé, la colonne B le montant en euros, la colonne C la catégorie.
| Ligne | A (libellé) | B (montant) | C (catégorie) |
|---|---|---|---|
| 2 | Pain | 12,50 | Courses |
| 3 | Transport | 8 | Trajets |
| 4 | Supermarché | 23,40 | Courses |
| 5 | Pharmacie | 15 | Santé |
| 6 | Café | 6,10 | Loisirs |
La formule `=SOMME(B2:B6)` additionne les cinq montants : 12,50 + 8 = 20,50 ; 20,50 + 23,40 = 43,90 ; 43,90 + 15 = 58,90 ; 58,90 + 6,10 = 65. Le total est donc de 65 €. La formule `=MOYENNE(B2:B6)` divise ce total par le nombre de montants : 65 ÷ 5 = 13 €.
Pour signaler les dépenses supérieures à 10 €, on écrit en D2 `=SI(B2>10; "Élevé"; "Normal")`, puis on recopie la formule vers le bas. Le résultat est « Élevé » en D2 (12,50), « Normal » en D3 (8), « Élevé » en D4 (23,40), « Élevé » en D5 (15) et « Normal » en D6 (6,10). Enfin `=NB.SI(B2:B6; ">10")` compte les montants supérieurs à 10 : trois valeurs répondent au critère, soit 12,50, 23,40 et 15.
Un dernier calcul, `=SOMME.SI(C2:C6; "Courses"; B2:B6)`, additionne uniquement les lignes de catégorie « Courses » : 12,50 + 23,40 = 35,90 €.
RECHERCHEV effectue une recherche verticale : elle cherche une clé dans la première colonne d’une plage, puis renvoie la valeur située dans la colonne dont on donne le numéro. Dans `=RECHERCHEV("Pain"; A2:B6; 2; FAUX)`, la fonction trouve « Pain » dans A2:B6 et renvoie la deuxième colonne, soit 12,50. Le dernier argument vaut FAUX pour une correspondance exacte, option recommandée par l’aide ; VRAI demande une correspondance approchée, qui suppose une première colonne triée par ordre croissant.
Une erreur #N/A signale qu’aucune correspondance n’a été trouvée. Un numéro de colonne supérieur au nombre de colonnes de la plage donne #REF!.
RECHERCHEX est plus souple. Sa syntaxe comprend la clé, la plage de recherche, la plage de résultats, puis trois paramètres facultatifs : la valeur à afficher en l’absence de correspondance, le mode de correspondance (0 pour exact, 2 pour les jokers) et le mode de recherche. Elle sait chercher dans une colonne située avant la colonne des résultats comme après, ce que RECHERCHEV ne permet pas. La règle pratique est simple : RECHERCHEV suffit sur un tableau où la clé est dans la première colonne, RECHERCHEX devient préférable dès que la structure du tableau est moins rigide.
Le partage s’ouvre depuis le bouton « Partager » en haut de la feuille. On saisit des adresses e-mail, puis on choisit un rôle : lecteur (consulte), commentateur (consulte et commente) ou éditeur (modifie). Le partage par lien reprend les mêmes trois rôles. Dans les paramètres avancés, une case permet de désactiver les options de téléchargement, d’impression et de copie pour les lecteurs et les commentateurs.
Plusieurs personnes peuvent modifier la feuille en même temps, chaque contributeur étant repéré par une couleur. Les commentaires permettent d’attribuer une tâche à un collaborateur avec le signe @, et l’historique des versions permet de consulter les modifications passées, de voir qui les a faites et de restaurer une version antérieure. Pour travailler sans réseau, il faut être connecté à Internet au moment du réglage, utiliser Chrome ou Edge hors navigation privée, installer l’extension Docs hors connexion et disposer d’assez d’espace libre. On ouvre ensuite Drive, on accède aux paramètres et on active l’option « Paramètre hors connexion ». Les fichiers récents sont enregistrés automatiquement si l’espace le permet.
Pour aller plus loin, le Centre d’aide de Google sert de guide d’utilisation de Sheets : il recense toutes les fonctions par catégorie, chacune avec sa syntaxe et un exemple.
Une option impose les noms anglais. Il faut ouvrir Fichier, puis Paramètres, décocher « Toujours utiliser les noms de fonction en anglais » sous « Langue d’affichage », puis enregistrer. Le compte doit être réglé sur une langue autre que l’anglais.
NB.SI n’accepte qu’un seul critère. Pour en combiner plusieurs, on utilise NB.SI.ENS, ou les fonctions de base de données BDNB et BDNBVAL. NB.SI n’est pas sensible à la casse : « courses » et « Courses » sont comptés pareil.
Il faut figer la référence avec des signes dollar. `$B$8` verrouille la colonne et la ligne, `B$8` verrouille seulement la ligne. Pour RECHERCHEV, l’aide donne l’exemple d’une plage écrite `$B$3:$D$7`.
NB compte les valeurs numériques d’un ensemble de données, alors que NBVAL compte toutes les valeurs, texte compris. Sur une colonne de libellés, NB renvoie donc 0 et NBVAL renvoie le nombre de cellules remplies.
Non : un seul compte peut utiliser le mode hors connexion par profil de navigateur. Certains administrateurs système peuvent aussi désactiver la fonctionnalité, auquel cas l’option reste inaccessible.