Dernière mise à jour : 7 octobre 2026La rédaction, Rédaction
American Management Systems

American Management Systems (AMS) est une société américaine de conseil en gestion et en informatique, fondée en 1970 et installée à Fairfax, en Virginie. Elle conduisait de gros projets de systèmes d’information pour des administrations, des collectivités, des opérateurs de télécommunications et des banques. Son nom a disparu : le groupe canadien CGI a racheté la société en 2004 pour 858 millions de dollars américains, puis l’a rebaptisée CGI en novembre 2006.
Nous détaillons ci-dessous son activité, ses clients, ses logiciels et les conditions de son rachat par CGI.
American Management Systems désigne une entreprise de services informatiques et de conseil, aujourd’hui absorbée. Dans son rapport annuel 2002, la société se décrit comme « a global business and information technology consulting firm », c’est-à-dire un cabinet mondial de conseil en gestion et en technologies de l’information. Sa mission, toujours selon ce document, consistait à aider ses clients à améliorer leurs résultats par un usage réfléchi de l’informatique.
Concrètement, American Management Systems vendait trois familles de prestations : du conseil aux directions, des solutions informatiques (conception et installation de systèmes) et de l’infogérance, c’est-à-dire la prise en charge de l’exploitation d’un système pour le compte du client. Elle éditait aussi quelques logiciels maison, que nous détaillons plus bas.
La société a été créée en 1970. Le rapport annuel indique qu’elle a été constituée dans l’État du Delaware le 2 février 1970. Son siège figurait à Fairfax, en Virginie, au 4050 Legato Road, à la date de ce rapport.
Selon Wikipédia en anglais, la société a été fondée par cinq personnes : Charles Rossotti, Ivan Selin, Frank Nicolai, Patrick W. Gross et Jan Lodal, d’anciens responsables du département américain de la Défense. L’encyclopédie précise qu’AMS a d’abord été basée à Arlington, puis à Fairfax au début des années 1990.
Le rapport annuel 2002 distingue cinq marchés cibles. La société les énumère ainsi : les agences du gouvernement fédéral américain, les États, collectivités locales et établissements d’enseignement, les communications, médias et divertissement, les institutions financières et, pour finir, d’autres clients privés.
Les communiqués de CGI de mars 2004, rédigés à l’occasion du rachat, résument la clientèle autrement : « gouvernements, organismes du secteur de la santé, institutions financières et sociétés de communications ». Les deux descriptions se recoupent : le cœur de l’activité était la commande publique, avec une branche télécoms et une branche finance.
| Marché cible | Source |
|---|---|
| Agences fédérales américaines | Rapport annuel 2002 |
| États, collectivités locales, enseignement | Rapport annuel 2002 |
| Communications, médias, divertissement | Rapport annuel 2002 |
| Institutions financières | Rapport annuel 2002 |
| Autres clients privés | Rapport annuel 2002 |
Le même rapport chiffre le poids de chaque marché. En 2002, le gouvernement fédéral américain représentait 34,8 % du chiffre d’affaires et l’ensemble du secteur public, fédéral, États et collectivités compris, 62,4 %. Les communications, médias et divertissement pesaient 19,6 %, les institutions financières 12,3 %, et les clients hors des États-Unis environ 13,4 %.
Deux noms ressortent : Momentum et Tapestry. Le rapport annuel 2002 cite « Momentum », une solution de gestion financière pour l’administration fédérale, et « Tapestry », un logiciel de gestion de la relation client et de facturation.
Tapestry est confirmé par un communiqué de CGI-AMS en français, qui le présente comme une « suite logicielle évoluée d’outils de tarification, de facturation et de gestion des commandes » destinée aux entreprises de télécommunications. Il s’agit donc d’un logiciel pour opérateurs : il calcule ce que coûte chaque usage (appels, données) et produit la facture envoyée à l’abonné. Ce n’est pas un outil de facturation pour les entreprises en général. Notre guide sur la facturation électronique et la trésorerie traite un sujet différent, celui des factures échangées entre sociétés.
Wikipédia en anglais mentionne aussi « Spectrum 2000 », présenté comme une solution de facturation destinée aux opérateurs mobiles européens.
La presse spécialisée américaine rappelait surtout ses contrats publics. Selon Wikipédia en anglais, AMS a conçu un système comptable pour la ville de New York pendant sa crise budgétaire de la fin des années 1970, puis un « Standard Procurement System » pour le département de la Défense, récompensé en 1997.
Un article de Nextgov daté de mars 2004 donne un éclairage plus critique. Il explique qu’AMS « was seen as the go-to integrator for a number of state governments » et que, lorsque ce marché s’est asséché, la société serait restée trop longtemps positionnée dessus, selon un observateur cité par le journal. Le même texte rapporte une perte nette de 26,3 millions de dollars pour l’exercice 2003, pour un chiffre d’affaires de 961,6 millions.
En 2002, la société employait environ 6 300 personnes et réalisait 986,7 millions de dollars de chiffre d’affaires. Ces deux chiffres viennent du rapport annuel 2002. Le même document indique que le siège européen se trouvait à La Haye, aux Pays-Bas, et que la société avait des bureaux dans dix autres pays étrangers. La part internationale représentait environ 13,4 % du chiffre d’affaires, ce qui confirme que le cœur de l’activité restait américain.
Wikipédia en anglais cite des implantations au Portugal, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, en Suisse et en Pologne durant les années 1990, sans plus de précision.
CGI a annoncé l’opération en mars 2004 et l’a bouclée le 3 mai 2004. Le communiqué français de CGI fixe le prix à 19,40 dollars américains par action, soit environ 858 millions de dollars américains, ou 1,1 milliard de dollars canadiens. Washington Technology précise que ce prix représentait une prime de 26 % sur la moyenne des 30 derniers jours.
L’opération a été partagée en deux. CGI a gardé les activités commerciales et les activités publiques non liées à la défense. Les actifs américains du groupe Défense et renseignement ont été repris par CACI International pour 415 millions de dollars américains (549 millions de dollars canadiens), ce qui ramenait le coût net pour CGI à 443 millions de dollars américains. Washington Technology indique que l’activité reprise par CGI représentait environ 700 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel.
Sur les effectifs, Nextgov écrit que, sur 6 500 salariés d’AMS, 4 800 rejoignaient CGI et le reste CACI. Aux États-Unis, la nouvelle entité a d’abord porté le nom CGI-AMS.
Plus rien sous ce nom depuis le 1er novembre 2006. Dans un communiqué du 29 octobre 2006, CGI annonce que CGI-AMS « sera exploitée sous le nom de CGI à compter du 1er novembre 2006 ». Le groupe avait prévu dès l’annonce du rachat de retirer « AMS » de la dénomination dans un délai de deux ans, d’après Washington Technology.
Ce que l’on retrouve aujourd’hui, ce sont des clients, des équipes et des produits repris dans CGI. Tapestry a continué d’exister sous la marque CGI-AMS après 2004 : un communiqué de janvier 2005 annonce la version 6.0.
Pour qui s’intéresse à ce que ces systèmes ont changé dans les organisations, notre article sur l’impact de la technologie sur la vie au bureau donne des repères plus généraux.
Côté salariés, ces systèmes prennent la forme de portails internes, comme l’intranet IPN d’Air France.
Non, pas sous ce nom. La société a été rachetée en 2004 par CGI, a opéré sous le nom CGI-AMS aux États-Unis, puis a pris le nom CGI le 1er novembre 2006.
CGI, groupe canadien, pour environ 858 millions de dollars américains. Une partie de l’activité, le groupe Défense et renseignement, a été reprise par l’américain CACI pour 415 millions de dollars américains.
Oui, dans les télécoms. Son logiciel Tapestry gérait la tarification, la facturation et la gestion des commandes pour des opérateurs, d’après les communiqués de CGI-AMS.
À Fairfax, en Virginie, aux États-Unis. Son siège européen était à La Haye, aux Pays-Bas, d’après le rapport annuel 2002.
Environ 6 300 salariés fin 2002, selon le rapport annuel de la société. Nextgov cite 6 500 salariés au moment du rachat en 2004.